Revue de presse
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Critique du CD « Dvořák/ Suk : Piano Quintets » dans DIAPASON (5 Diapasons)

« Adeptes de la ligne claire, les complices de Syntonia, auréolés d’un Diapason Découverte pour leur disque partagé entre Schumann et Franck, nous éclaboussent ici de fraîcheur et d’énergie. On s’émerveille de l’assurance et de la précision avec lesquelles ils taillent ce joyau. Seule ombre au tableau, on eût souhaité quelques reflets plus sombre ça ou là, comme on en entendait dernièrement dans l’interprétation policée du Nash Ensemble (Hypérion). Léger bémol, envolée dès le sublime Adagio Religioso.

L’opus 81 de Dvorak laisse également entrer la plus solaire des lumières. Le lyrisme du violoncelle plein de tendresse et d’évidence, envoûte dès les premières mesures de l’Allegro ma non tanto. On reste sous le charme tout au long du mouvement très bien construit. Le même naturel expressif se retrouve dans la célèbre Dumka, qui chemine avec une simplicité désarmante. Le scherzo et le finale, débordants eux aussi de vitalité, séduisent autant. Que manque-t-il à cet enregistrement pour prétendre à l’or ? Un peu de « longueur en bouche », dirait un sommelier en parlant d’un vin un rien trop léger pour rivaliser avec les plus grandes étiquettes. En attendant de retrouver les Syntonia dans un répertoire qui corresponde complètement alors (superbe) esthétique sonore – même si nous sommes conquis par tant de beauté, on associe la musique tchèque à des couleurs plus fruitées-, cette version rafraîchissante ne se déguste pas moins comme un excellent cru. »

DIAPASON (Avril 2014 – 5 Diapasons) – Nicolas Derny

Critique du CD « Dvořák/ Suk : Piano Quintets » dans le journal de l’ENA

Ce disque réunit également un maître et son élève autour de leur Quintette à cordes avec piano. Ici, le maître est Antonin Dvořák (1841-1904) et l’élève Joseph Suk (1874-1935). Étonnamment, la comparaison avec les personnalités déjà évoquées se poursuit au regard du répertoire abordé qui appartient également à la musique de chambre. Nonobstant, la Vltava n’est pas la Seine et la musique tchèque de la fin du XIXème siècle possède des accents propres qui, aujourd’hui encore, distillent des parfums exotiques. Le premier mouvement du Quintette avec piano de Joseph Suk commence par une ouverture tempétueuse, divulguant tout de suite l’atmosphère exaltée de l’œuvre. Accents rageurs, ruptures de tempi, mélodies jaillissant de tous les instruments ou fusionnant en de somptueux unissons aux cordes, ponctuent le discours musical avec beaucoup d’agrément. Le deuxième mouvement, plus intimiste, nous envoûte au son d’un violoncelle élégiaque, recelant une grande mélancolie. Très pictural, ce mouvement nous ouvre l’espace d’une campagne Far East plus ou moins rêvée. Le plus remarquable est certainement l’intensité quasiment palpable de cet Adagio, aussi bien dans les nuances pianissimo que fortissimo. À cet égard, il convient de saluer l’osmose des interprètes de I’Ensemble Syntonia. Le scherzo remplit admirablement son office de divertissement. Au vrai, entre danse échevelée et alliage cocasse de sonorités, un vent d’espièglerie traverse ce mouvement. L’emploi des pizzicati sont autant de plaisanteries dédiées à l’auditeur. Quant à l’Allegro con fuoco, il reprend tous les éléments forts de cette oeuvre pour nous offrir un bouquet final d’un grand enthousiasme. La musique de Dvořák, tel Janus possède deux visages : l’un tourné vers l’Atlantique, l’autre vers l’Oural. Ainsi les premières mesures du quintette passent-elles d’une magnifique mélodie confiée au violoncelle qui se mire dans les miroitements de l’accompagnement du piano à la fulgurance d’un tutti virevoltant. Ici, les principes de tensions et détentes sur lesquels repose toute la musique tonale sont remplacés par des impressions de fleuve tranquille et de tourbillons emportant tout sur leur passage. Ces changements soudains de tempi prennent peut-être leur source dans la Dumka, cette danse ukrainienne dont le propre est justement d’alterner des parties méditatives et d’autres plus emportées. À ce titre, le deuxième mouvement du quintette réalise une belle synthèse entre la tradition et la vision savante du compositeur passé par les bancs des conservatoires. Le goût de Dvořák pour les danses slaves se retrouve aussi dans le Furiant du troisième mouvement. Là encore, Ie compositeur joue la carte de la stylisation en effaçant la métrique alternée de mesures ternaires et binaires au profit du seul trois temps. C’est que le quintette à cordes s’écoute mais ne se danse pas. Au demeurant, la noblesse de cette musique laisse apparaître, en toile de fond, les salons feutrés où elle a pu éclore… Si tout cela fonctionne aussi bien, la raison en revient toutefois essentiellement à la syntonie des musiciens du quintette. Ainsi configurées au nom de l’ensemble, ils fournissent ici deux versions parfaitement en phase avec les partitions abordées. Légèreté et gravité s’épaulent l’une et l’autre dans une grande complicité, tandis que soli et ensembles conservent toujours une belle unité. Une attention tangible de chacun à l’ensemble fait à de nombreux égards de ces pièces des moments aussi subtils qu’intenses. Véritablement, cette étoile à cinq branches illuminera vos dernières soirées de fin d’hiver.

Critique du CD « Dvořák/ Suk : Piano Quintets » dans l’Est Républicain »

« TCHÈQUES – LES QUINTETTES AVEC PIANO DE JOSEPH SUK ET D’ANTONIN DVORÁK RÉUNIS POUR NOTRE PLUS GRAND BONHEUR PAR SYNTONIA
SCÈNES DE LA VIE DE BOHÈME
Oublions pour un temps la mythique version du Quintette n° 2 op.81 d’Antonin Dvorák par les Borodine et Sviatoslav Richter. Voilà du sang réellement neuf qui nous arrive. De France. L’ensemble Syntonia, le seul quintette avec piano de l’Hexagone, propose cette œuvre célèbre (si, si, vous connaissez forcément son andante, une dumka – ou chanson triste – à la mélodie inoubliable) dans une lecture particulièrement inspirée. Stéphanie Moraly et Thibault Noally (violons), Anne-Aurore Anstett (alto), Patrick Langot (violoncelle) et Romain David (piano) ont choisi de coupler ce chef-d’œuvre de la musique de chambre à la partition d’un autre Tchèque, Joseph Suk, dont Dvorák fut le maître et le beau-père. Son Quintette avec piano, dédié à Brahms qui en fit un bel éloge, vaut le détour et cet assemblage venu de Bohème scintille comme le cristal. »

L’Est Républicain, le 1er mars 2014. Frédéric Menu

Critique du CD « Dvořák/ Suk : Piano Quintets » sur Ouest France

« Dès les premières mesures, on est saisi par la densité du discours. Allegro energico. Toute la palette de ces musiciens au phrasé impeccable se déploie pour défendre le quintette de Josef Suk qu’ils appréhendent tout feu tout flamme. Il faut dire que l’oeuvre se fait rare. On écoute religioso, l’adagio du même nom. Le violon de Stéphanie Moraly nous fait rêver de Bohême. Josef Suk, le compositeur, gendre de Dvorak. La boucle est bouclée, mais la parenté s’arrête là. OEuvre de jeunesse, remaniée plus tard, pour le premier. OEuvre majeure pour le second. Les mettre face à face s’avère un choix judicieux et vivifiant.

Chez Syntonia, la musique respire en toute liberté. Aucun académisme, aucun artifice dans leur jeu où la finesse des textures et l’équilibre s’imposent comme une évidence. Qu’est-ce qu’ils jouent bien ces pièces qui réclament une virtuosité sans faille, alliée à un caractère subtil dont les ornements se doivent d’être justes, sous peine de tomber dans l’hyperbole.

Les deux quintettes séduisent aussi par la clarté des plans sonores. Chaque détail est une dentelle pour l’oreille. Saluons l’éloquente prise de son d’Alban Moraud qui sait respecter le côté un pour tous de l’ensemble. Ici, pas de dérive concertante. Décidément, cet ingénieur pas comme les autres est vraiment un magicien.

Sorti le 6 février, l’album a déjà pris de la hauteur auprès des auditeurs. Il fait partie de la sélection d’iTunes. On en parle à la radio. On lui prédit une montée en puissance et une longue vie. Parce qu’il y a les interprétations essentielles et les autres. »

Ouest France, le 15 février 2014. Dominique Cresson-Rybakov

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Ouest France relate le « Salon de Musique » sur Arte Live Web

Tournée à Rennes, l’émission des Salons de Musique, avec Syntonia et la violoniste Sarah Nemtanu, sera diffusée pendant 6 mois à partir du 28 septembre.

D’immenses tentures noires pour cacher les murs, de longs serpents de guirlandes bleutées pour accrocher la lumière et des étoiles dans les yeux du public, des meubles au parfum suranné chinés chez Emmaüs… Dans ce décor, six musiciens hors pair et heureux de jouer ensemble. Côté coulisses, une équipe formidable où tout le monde met la main à la pâte. Sombrero & Co nous promettait un tournage festif, Jean-Philippe Perrot, le producteur, n’a pas menti. Ce nouvel opus des Salons de Musique pour Arte Live Web, tourné en juin au Triangle de Rennes, en coproduction avec TVR35 Bretagne, a répondu à toutes les attentes.

L’ambiance mystérieuse et feutrée est déjà une belle invitation au Prélude à l’Après-Midi d’un Faune de Debussy qui ouvre le concert-promenade de l’Ensemble Syntonia et de la violoniste Sarah Nemtanu, au coeur de cette musique française fin XIX e , début XX e , si chère à leurs oreilles.

La musique qu’ils aiment

La transcription a été confiée au compositeur Benoît Menut qui a ciselé l’oeuvre dans ses moindres détails. Il fait bon écouter cette interprétation incisive et subtile.

Debussy encore, Ravel, Fauré et Chausson, cet envoûtant et célébrissime concert de Chausson… Des extraits où se dessine la quintessence des pièces. Le bonheur se lit sur les visages, le partage aussi.

Entre deux pièces, ils bavardent, s’interpellent sur leurs choix de lecture. Nous sommes leurs invités. Ils ne nous oublient pas. Les Salons de Musique prennent tout leur sens. La formule est décidément séduisante. De remarquables artistes dans des lieux inattendus. La musique qu’ils aiment et qu’ils ont envie d’offrir. Des rencontres humaines. « C’est beaucoup de travail et il faut faire vite. Mais c’est aussi un plaisir immense » s’enthousiasme Anne Salomany, la directrice de production de Sombrero & C. « Il y a une belle synergie entre nous tous. »

Difficile de rester insensible à cet appel de la musique classique quand elle se fait si vivante et si proche. Les Salons de Musique jouent les trublions et on aime cela.

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Critique du CD des quintettes de Schumann et Franck sur Classiquenews.com

« L’élan, le souffle, le dramatisme débordent le cadre et avec quel génie quand les interprètes savent en souligner les multiples facettes. Le Schumann est d’une eau lumineuse et impétueuse à la fois. Notre coup de coeur s’établit surtout sur le Quintette de Franck, sauvagement et subtilement abordé en une lecture prenante du début à la fin. [...] Assurant la continuité des humeurs affleurantes, Syntonia atteint une souplesse permanente qui forme cette houle organique, tempête et murmure, propre au Franck défricheur, explorateur, habité par la rage de chercher et de trouver… »

Lire la Critique complète sur le site de CLASSIQUENEWS.COM

Classica (critique du CD Greif « The Battle of Agincourt »)

« Interprétation magistrale dans le disque Zig-Zag Territoires qui propose en première mondiale deux partitions des années 1990 – pour Greif, ce fut le retour à la composition après une longue retraite mystique. Le sentiment d’urgence et le souffle de l’inspiration, la force des visions hantées par la mort, font tout le prix de ces deux œuvres placées sous le parrainage de Shakespeare. « The Battle of Agincourt » évoque sur un fait d’arme ayant inspiré au dramaturge sa pièce Henry V. Quant au Quatuor n°2, il met en musique les Sonnets 71, 73 et 146. Dans la lignée de Benjamin Britten et Dimitri Chostakovitch, Olivier Greif a élaboré un art subtil et direct, une écriture harmonique « sale » mais terriblement expressive. »

Bertrand Dermenoncourt

Classiquenews.com, août 2006

« Le Quatuor de Crémone et l’Ensemble Syntonia unissent leurs forces dans une exécution fougueuse et d’une passion hors du commun. Leur enthousiasme est communicatif et nous ressentons cette envie de partage, l’énergie débordante qui dégage de cet octuor contraste très bien avec la première partie du concert. Les jeunes artistes lancés comme des lions dans l’arène prennent des risques, les tempos sont très rapides, les nuances osées mais finalement servent à merveille la musique. Le public leur témoignera toute sa gratitude. »

Diapason (5 Diapasons, juillet 2002)

« On commence seulement aujourd’hui à mesurer l’importance d’Olivier Greif compositeur […] L’Ensemble Syntonia phrase chaque ligne avec une incroyable expressivité. Sa rythmique impeccable, haletante, rubato ou quasi militaire, contribue à donner à une musique apparemment décousue structure et lisibilité ; elle soutient une vision scrupuleuse, vivante, contrastée, qui impose chaque mouvement dans sa vérité crue. »

Répertoire (critique du CD Olivier Greif, quatuor à cordes n°4 « Ulysses »)

« Un grand quatuor de notre temps […] l’Ensemble Syntonia, créateur de l’œuvre, véritablement en état de grâce, en donne une interprétation de toute beauté. »

A Nous Paris (critique du CD des quintettes de Schumann & Franck)

« Quintette de choc »
« Les Quintettes avec piano de Robert Schumann et César Franck réunis sur une même galette ? s’il peut surprendre au premier abord, le couplage de ces deux chefs-d’œuvre de la musique de chambre du siècle romantique fonctionne à merveille. Le romantisme, voilà ce qui justement réunit ces partitions gorgées de lyrisme. On est d’autant plus heureux de saluer cet enregistrement qu’il est le fait d’un jeune ensemble, Syntonia, composé de l’excellent pianiste Romain David et de quatre archets de grande classe. Pleine de vigueur, leur interprétation ne cède en rien au pathos, ni à l’agitation débraillée que d’aucun tiennent pour de la passion. La fièvre maîtrisée, le lyrisme intensément vécu de l’approche traduisent un degré de maturité hors du commun et autorisent les Syntonia à se confronter sans inquiétude à d’illustres versions. Près de quatre décennies séparent les ouvrages de Schumann (1842) et de Franck (1879), mais l’intelligence et la complicité d’une formation à suivre de très près les rapprochent – magistralement ! »
(« L’Essentiel » de la semaine du 1 au 7 octobre 2007) Alain Cochard

Le Monde de la Musique (critique du CD des quintettes de Schumann & Franck, mars 2007)

« Vaillamment défendue par l’Ensemble Syntonia, l’association des quintettes avec piano de Schumann et de Franck valorise l’élan, ou plutôt les tensions. A l’évidence, les cinq chambristes ont délaissé la doxa traditionnelle concernant cette oeuvre, avec son pathos appuyé et son aspect « concerto sans le dire ». Au contraire, ils ont recherché la circulation des énergies et laissé à la densité de l’écriture la responsabilité de guider l’expressivité. L’oeuvre palpite, revigorée.

Dans le quintette de Franck, Syntonia montre de nouveau une approche débarrassée de préjugés et se moque que cette oeuvre ait été le premier quintette avec piano jamais composé en France. De cette oeuvre, il allège le sérieux qui lui colle à la peau, en valorise les couleurs et justifie l’instrumentation registrée, au sens organistique du terme. La Chanson perpétuelle de Chausson n’est pas loin, preuve, s’il en était besoin, que ce jeune ensemble sait ce que poésie veut dire. »
Franck Langlois

Diapason (Diapason « Découverte », septembre 2007)

« Il y a cinq ans, l’ensemble de chambre Syntonia nous gratifiait chez Triton d’un superbe Quatuor n°4, dit « Ulysses », du regretté Olivier Greif (cf. n°494). Le couplage ambitieux que ces jeunes musiciens nous proposent aujourd’hui s’annonçait comme un challenge des plus risqués étant donné la très importante discographie que ces deux oeuvres ont suscitée. Pari gagné car c’est sans timidité ni complexe apparents que ces cinq jeunes gens issus du CNSM de Paris ont abordé ces partitions brûlantes, y puisant une saine énergie pour guider leur interprétation en tout point remarquable – l’une des plus intéressantes entendues ces dernières années.

Dans le Quintette en mi bémol de Schumann, écrit avec enthousiasme et expressément pour Clara (le piano y tient une place « concertante » omniprésente), comme dans celui de Franck, si douloureux, Syntonia impose une tension impressionnante, tout en soulignant le lyrisme propre à chacune de ces oeuvres. La vigueur des tempos ne fragilise jamais une mise en place parfaite ni un dosage des voix proche de l’idéal. Certes nous gardons en mémoire les performances de Serkin allié aux Budapest (Sony), Rösel au Quatuor du Gewandhaus (Ars Vivendi), Argerich à ses amis Schwarzberg, Hall, Imai et Maisky (Emi) dans Schumann, ou de Richter et des Borodine (Philipps), de Catherine Collard et des Orlando (Lyrinx) ou encore de Levinas et des Ludwig (Naxos) dans Franck : les nouveaux venus supportent sans rougir la confrontation, d’autant que le couplage (inédit) est profondément révélateur de ce que le romantisme musical a pu laisser de plus passionné. »
Philippe Simon